Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/202

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çait le peuple, et l’on proposait au roi les moyens de tout prévenir.

« La France, lui disait-on, ne souffrira pas » qu’on abuse le meilleur des rois, et qu’on l’écarte, par des vues sinistres, du noble plan qu’il a lui-même tracé. Vous nous avez appelés pour fixer, de concert avec vous, la constitution, pour opérer la régénération du royaume. L’assemblée nationale vient vous déclarer que vos vœux seront accomplis, que vos promesses ne seront point vaines ; que les pièges, les difficultés, les terreurs, ne retarderont point sa marche, n’intimideront point son courage. »

On entrait dans les détails de tous les dangers qu’occasionnait le rassemblement des troupes, et l’on ajoutait :

« Il est d’ailleurs une contagion dans les mouvemens passionnés. Nous ne sommes que des hommes : la défiance de nous-mêmes, la crainte de paraître faibles, peuvent entraîner au-delà du but. Nous serons obsédés d’ailleurs de conseils violens et démesurés ; et la raison calme, la tranquille sagesse, ne rendent pas leurs oracles au milieu du tumulte, des désordres et des scènes factieuses. Le danger est plus terrible encore ; et jugez de son étendue par les alarmes qui nous amènent devant vous : de grandes révolutions ont eu des causes bien moins éclatantes ; plus d’une entreprise fatale aux nations (on n’osait dire aux rois) s’est annoncée