Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/209

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198 OEUVRES

tion importante, et voulurent remettre à huit jours une décision si essentielle. A cette proposi- tion du délai d’une semaine entière pour rassem- bler les électeurs, tandis que tout annonçait une crise prochaine, un d’entre eux, qui arrivait de Versailles, et qui avait vu tout l’appareil de la guerre préparée à la patrie, M. de Leutre, se lève, et d’une voix perçante crie : « Qu’ose-t-on » nous dire? Huit jours! Dans trois, si nous ne » sommes sur nos gardes, tout est perdu! Ptassem- » hlons-nous demain. Si nos présidens balancent, » qu’ils se démettent, nous en choisirons de moins « timides. » Il désigna M. de la Salle et l’abbé Fauchet.

MM. La Vigne et Moreau de Saint-Méry cé- dèrent à leurs craintes ; ils déclarèrent qu’ils se démettaient. L’assemblée s’ajourna au surlende- main pour l’élection des présidens. On s’étonne de ne pas trouver, dans l’historique du procès-verbal des électeurs, ces faits authentiques et incontes- tables. La justice et l’intérêt public condamnent également ces réticences mensongères, qui trom- pent ou égarent l’opinion du peuple sur le vrai caractère de ses défenseurs plus ou moins cou- rageux, dans le moment où il lui importe le plus de les connaître et de les distinguer. Dès que la révolution fut décidée par l’unanime et invincible insurrection de la capitale, ces deux mêmes hommes qui, trente-six heures auparavant, se démettaient de leur présidence pour n’être pas