Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/210

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Dr cnAMFORT. 199

comptables aux despotes de l’énergie de rassem- blée, reprirent leurs fonctions, où ils se trou- vaient forts de toute la puissance du peuple. La prise de la Bastille acheva de les rendre intré-. pides.

Si la motion de M. de Loutre ( qui voulait, le samedi au soir 9 juillet, que dès le lendemain l’assemblée des électeurs se réunît) eût été arrêtée, le centre de ralliement se fût trouvé prêt pour diriger à finstant même les forces éparscs des citoyens, les brigands eussent été contenus, les barrières n’essent pas été incendiées, Saint-La- zare n’eût pas été pillé, et la liberté eût marché d’un pas mesuré dès sa naissance. Mais les élec- t-eurs ne croyaient pas la crise si prochaine, et ils étaient persuadés qu’on serait à temps le lundi 1 3 pour prévenir tous les périls. L’exil de JM. Necker ajîant tout précipité, dès quatre heures du soir le dimanche, après la motion de Camille Des- moulins au Palais-Royal, l’effervescence des pa- triotes fut extrême. Le peuple, outré de colère, mais non consterné de l’insulte qui venait de lui être faite par le renvoi d’un ministre en qui il avait placé sa confiance, n’apprit qu’avec indi- gnation que les spectacles étaient ouverts et qu’ils étaient remplis. La motion faite auPalais-Ptoyalde les fermer, fut appuyée, décrétée, exécutée sur-le- champ : chose inouie jusqu’alors, et dont l’idée seule était faite pour frapper d’étonnement ! Ja- mais particulier n’avait obtenu cet honneur, de-