Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/257

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mes de bâtons, et tomlDerent sur tous ceux qui leur parurent des vagabonds et des gens sans aveu : ils les chassèrent hors de la ville ; et, re- joignant les pompiers qui travaillaient avec une ardeur incroyable, ils parvinrent à modérer la violence des flammes partout où elles menaçaient les bâtimens voisins. Bientôt après, ils vinrent à bout d’éteindre le feu dans tous les quartiers avant le milieu de la nuit ; et ceux que l’excès de l’inquiétude ou de la terreur ne priva point du sommeil, purent prendre quelque repos dans une ville livrée à elle-même, et qui se trouva soudain sans roi, sans gouvernement, sans police, et re- doutant pour le lendemain les mêmes désordres et peut être des périls encore plus grands.

ONZIEME TABLEAU.

Le peuple gardant Paris.

Après ce grand spectacle d’un empire qui ose prétendre à se régénérer, et qui renouvelle les bases du contrat pohtique qui doit unir vingt- cinq millions d’hommes, s’il est un tableau digne d’attacher tous les regards, c’est celui que pré- sente une ville immense, capitale de cette em- pire, menacée de sa ruine entière par la chute subite de toutes les autorités légales, contrainte