Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/309

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298 OïIjVRES

Maître d’un pont par cette dernière attaque si impétueuse et si terrible, les assaillans encou- ragés et plus furieux amènent trois pièces d’artil- lerie devant le second pont. Déjà le succès paraît sûr. Launai tremble, et quelques-uns de ses sol- dats parlent de se rendre. A ce mot, il perd le sens; il saisit une mèche embrasée, et court aux pou- dres pour y mettre le feu. Il est repoussé par un des siens. Il sollicite, par grâce, un baril de poudre pour se faire sauter. La garnison pré- sente le drapeau blanc, demande à capituler. Non, est le cri général. Un papier sort d’un cré- neau, en dehors de la forteresse. Un bourgeois intrépide s’avance pour le saisir gur une planche chancelante ; il tombe dans le fossé. Un autre le remplace ; plus heureux, il prend l’écrit, le rap- porte, le remet au brave Elle. L’écrit portait : Nous avons vingt milliers de poudre ; nous ferons sauter la garnison et tout le quartier, si vous n’acceptez lu capitulation. — Nous Vacceptons, foi d’officier, dit Elle ! baissez vos ponts. Les ponts se baissent. La foule accourt. Que voit-elle? Les Invalides à gauche, les Suisses à droite, dé- posant leurs armes, et de leurs cris applaudissant aux vainqueurs. Launai est saisi et conduit à l’hôtel-de-ville, où il ne devait pas arriver.

Cependant la multitude se précipite, et couvre toute l’enceinte de la forteresse ; on monte dans les appartemens, sur les plates-formes, contre lesquelles se dirigeait toujours le feu de ceux qui,