Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/324

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était combattue par Vïâvc. de tons les périls qui meuaraient celle capitale ; périls que la prise même de celte £>rteresse pouvait rendre plus instans, en poussant les ministres et les généraux à presser le moment de l’attaque. Les troupes qui environ- naient la ville, continuaient de garder leurs difïé- rens postes. Deux fois l’assemblée nationale avait sollicité l’éloignement de ces troupes ; et ces deux demandes n’avaieut obteuu qu’uu refus positif, suivi bientôt d’une léponse équivoque et dila- toire. Ia COI* restait environnée d’illusions et de mensonges. Croirait-on que l’intendant de Paris ( Bérlliier ), peu de joins apiès victime de la ven- geance popuiaire, interi’ogépar le roi, le soir même du «4 juillet, sur l’état de la capitale, répondit que tout était caime ? \insi Louis xvr, dans Ver- sailles, était aussi étranger à la vérité sur ce qui se passait daiis le sein de son royaume, à qsiatre lieues de lui, que peut l’être le roi d’Espagne dans Madrid sur les événemens qui arrivent au Mexique, au Chili et aux Philippines, soumis à sa domina- tion. Une haie de courtisans et de fiatteurs mettait entre son peuple et lui un obstacle égal à celui qu’élèvent, entre ini autre Rourbon et ses sujets d’Amérique ou d’Asie, la mer Atlantique, celle du Sud, et l’intervalle de cinq mille lieues. Et c’est là ce qu’on aj>pelîe régner ! C’est là ce qui consti- tue la majesté du troue, de ce trône dont les esclaves de cour, qui, à la honte du sjenre hu- main, furent nommés des grands, se disent les