Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/338

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DE Cll.V.Airoî’.T. J’I-]

certitude qu’ils rapportèrent dans la capitale et qui pénétra tTiUie nouvelle iDrreur tons leurs concitoyens. L’histoire né doit levjr que par de- grés et avec ménaseinent le voile qui couvre cer- taines ali-ocités. Le temps lui prépare des preu- ves souveî)t refusées aux contemporains, qu’une incrédulité toujours honnête, mais souvent ab- surde, engage à repousser le souj)ron des forfaits qui n’ont point eu leur exécution. Si le complot plus affreux de la Saint-Barthélemi, tramé entre trois cours pendaut plus de (lix-h;îit mois, eut échoué par quelque circonstance imprévue, coiii- bien de milliers d’hommes simples et droits, combien d’autres, même sages, éclairés, expé- rimeiités, eussent obtinément refusé de le croire, et en eussent maintenu l’impossibilité par des rai- sons qui auraient paru presque iri-éplicables ! il est dû plus de mépris que de haine à des minis- tres réduits à dire, pour leur justification, qu’en ourdissant de pareilles trames, ils ne voidaient inspirer que de la crainte. L’horreur et l’indigna- tion sont les sentimens qu’ils ont inspirés, qu’ils inspirent, puisqu’ils vivent encore; et elles sont attachées à leur nom pour la durée des siècles.

Les soupçons que firent naître ces travaux de ]\Ljntmai-tre, furent tels, qu’on se persuada qu’il existait (huis labbave voisine, des vivres, des armes et des munitions pour l’usage des troupes ministérielles qui devaient occuper ce poste. Tes Parisiens se portèrent en foLile dans le monas-