Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/341

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leurs si universelle, se manifistait par les signes les plus éclatans. Elle s’accroissait pai’ les discours des députés les plos éloquens, par les récits de ce qui s’étaitpassé le matin à Versailles, par l’échange et la communication des sentimens les plus vifs, les plus nobles et les plus dt)ux, en présence d’un peuple occupé de ces événemens d’où dépendait sa destinée. C’est là que, par une acclaraationgé- nérale, M. de la Fayette lut nommé commandant de la milice bourgeoise, bientôt après appelée garde nationale parisienne.

C’est au milieu de cette même assemblée qu’un simple cito- en, M. Bailly, député de Paris à l’as- semblée nationale, et qui avait présidé le tiers-état au moment de la réunion des ordres, fut proclamé prévôt des marchands, la multitude ne connais- sant ]>oint d’autre dénomir.atiou yyoïu’ dési.vner le magistiat qui préside à la municipalité. ]\îais ce mot rappelant des idées que l’espril de la ré- volution repoussait av{ c force, il ne fallut que la voix d’un seul citoyen jiour faire susbtituer à ce titre un titre convenable: Point de Prévôt des Mar- chands, s’écria-t-il ; Akure de Paris l et ce m,ot re- tentit dans toute la salie. Des refus modestes, mê- lés à l’expression de la reconnaissance la plus vive et de la sensibilité la plus profonde, furent pres- que la seule réponse du nouveau maire, dont les larmes et les sanglots étouffèrent ia voix. La sen- sibilité publique plus forte que la sienne, le vœu général, les instances de tous les citoyens, triom-