Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/349

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338. Ol. IVRES

de tumulte et d’ordre; l’apjîareil de la guerre et le vœu général de la IraiHjniliité; les gardes-fran- çaises, ces destructeurs du despotisme, marchant avec leurs canons devant cù monarque, qu’ils veulent servir encore quand il sera le roi d’un peuple libre; M. la Fajetle allant le recevoir à la tête • e la milice parisienne, chef des rebelles aux yeux de la cour, sauveur de la cour aux yeux de ses adversaires: tous ces contrastes et tant d’autres occupaient l’âme de ceux qui, dans ces vives agi- tations, restent capables d’observer et de réfléchir, tandis que la mu.ltitiîde se livrait au sentiment confus qui résultait du spectacle de toutes ces scènes si majestueuses et si nouvelles.

Enfin, après une marche de plus de neuf heu- res; Louis XVI arrivé à i’hotel-de-ville, y est reçu en roi qui se rend aux \ œux d’un peuple affligé, nuiis plein tl’espérance, qui n’a besoin pour aimer son chef que de ne plus craindre un maître, ou plu- tôt st s ministres. Le discours que lui tint le nou- veau maire de Paris en lui remettant les clefs de l’hotel-de- ville, est le résultat des idées qui ont préparé la révolu.tion et qui devaient la consom- mer : Sire, Henri iv UK’uiL reconquis son peuple ; ici c’est le peuple qui a reconquis son roi. Heureux les Français, heureux le monarque, si les enne- mis du peuple ne parviennent pas à le reconqué- rir! Plus heureux encore, si les habitudes du trône, si les préjugés de l’éducation royale lui permet- taient d’apprécier les titres glorieux qui lui furent