Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/364

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DE CIîAMFORT. 5j5

Sainte-Geneviève, étaient rencontrées par un ba- taillon de jeunes guerriers, qui s’arrêtaient pour les laisser passer, tandis que de nombreux spec- tateurs, soit dans les rues, soit du liaut des fenêtres, témoignaient leur joie par de vifs applaudissemens. Les fréquentes promenades des citoyens à la Bastille, dont les hautes murailles décroissaient tons les jours, renouvellaient sans cesse le plai- sir de cette conquête. On s’occupait de ses vain- queurs, de ceux qui avaient été tués dans le com- bat, du sort de leurs veuves, de leurs enfans; et la reconnaissance particulière prévenait les mar- ques publiques de la reconnaissance universelle. Enfin, le moment arriva où la patrie put com- mencer à s’acquitter. Les représentans provisoires de la commune, après avoir satisfait à des devoirs encore plus pressans, aux soins de la sûreté géné- rale, ordoiuierent un service et un éloge funèbre consacrés à la mémoire des .citoyens morts à la prise de cette forteresse et pour la défense de la patrie. Tout fut remarquable et imposant dans cette solennité, qui fut célébrée dans l’église pa- roissiale de Saint-Jacques et des Saints-Innocens. Mais ce qui était entièrement nouveau, c’est que l’orateur avait lui-même contribué en quelque soite à la conquête qu’il célébrait : il s’était trouvé au milieu d ceux dont il honorait la mémoire ; et quoique revêtu du caractère de prêtre, il avait, en courant le même péril, déployé le même cou- rage et montré la même intrépidité.

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