Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/382

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Dr CHAMFORT. 3’-|

non moins prompte de nouvelles vraies on fausses d’un bout (le l’empire à l’autre, accroissait par- tout la fermcnlation; mais c’est à Paris que cet efïet était ieplus sensible. L’ardeur et l’activité du peuple pour saisir partout des armes était pres- que aussi vive que lorsqu’il avait à repousser les satellites qui assiégeaient Paris : c’était surtout les canons qu’il désirait le plus passionnément de pos- séder; c’est la meilleure des armes et la meilleure des raisons ; c’est la raison des rois, et il voulait en faire la sienne. Quand il avait fait quelques nouvelles conquêtes en ce genre, il les défendait même contre ses chefs, même contre la Favette, qui se rendit suspect en voulant que Jes districts de Paris lui remissent leurs canons, sous prétexte de les rendre plus utiles et de former im parc d’artillerie. Il s’était passé peu de jours, depuis la révolution, que le peuple n’eût formé quelque entreprise, fait des voyages dont le but était la prise de quelques canons. Choisy-le-Roi fut dé- pouillé des siens, quoique le roi, depuis sa visite à riiotei-de-viile, fût censé a\oir fait la paix avec Paris. Ceux de Chantilli étaient de bonne prise, le possesseur de ce château étant alors en guerre ou- verte avec les Parisiens, en attendant qu’il v fût avec tous les Français. L’Isle-Adam, maison de M. de-Conti, en possédait dix-sept : on les enleva, tandis que ce prince ( il l’était encore ) fugitif, poursuivi, ayant erré plus de soixante heures dans les bois, se sauvait avec peine du rovaiinie.