Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/418

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de leins armes, trouvaient sans cesse l’occasion de vendre ou de louer leur \aleiir et leurs succès ; des guerriers toujours victorieux ne pouvaient rester long-temps sans un éta])lissement durable. Un duc de Naples, en leur assignant un territoire, entre sa ville et Capoue, fut le premier qui paya véritablement leurs services. Les Normands y fon- dèrent la ville d’Averse ; et l’on peut remarquer, avec une sorte de surprise, que le premier éta- blissement de ces conquérans ne fut pas une conquête.

Trois frères, Guillaume Bras-de-Fer, Drogon et Humfroy, fils de Trancrède de Hauteville, sei" gneur normand des environs de Coutances, accou- rent en Italie, à la tête des aventuriers qui vou- lurent s’associer à leur fortune. Ils offrent leurs services au commandant grec nommé le Catapan, et marchent contre les Sarrasins de Sicile. Les Sarrasins sont vaincus. Guillaumqtue leur général; la Sicile allait retourner à l’empire; mais les Grecs, jaloux de leurs libérateurs, les privent de leur part dans le partage du butin. Ingratitude impru- dente ! Les Normands irrités, méditant, sans se plaindre, ime vengeance utile, abandonnent le perfide Grec îi,ses ennemis, et, repassant la mer, fondent sur ses états d’Italie. Ils s’emparent de la Fouille, de la Calabre, et bravant à la fois le pape et l’empereur, ne reçoivent que de leur épée l’in- vestiture de leurs nouveaux états.

Cette audace a sans doute quelque chos(. d’im-