Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/437

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46 OEUVRES

tégrité d’iiii seul Français, semble justifior la pros- cripîion de tous les autres, et renouveler contre leur mémoire l’arrêt exécuté contre leur personne.

Charles était violent ; à la nouvelle de la ré- volte et du carnage, il entre en fureur ; et jurant d’exterminer la race sicilienne, il vient mettre le siège devant Messine. Il était sur le point de s’en rendre maître et de recouvrer la Sicile en vainqueur implacable, si la flotte d’Aragon ne fut venue se- courir la ville assiévée et rassurer File mallieu- reuse. Le comte d’Anjou, forcé de lever le siège, est poursuivi par l’amiral Loria, perd vingt-neuf vaisseaux, en voit brûler trente à ses yeux; et trop faible pour supporter la disgrâce qui le prive de la vengeance, il pleure d’impuissance et de rase.

Pierre d’Aragon, maître delà mer et vainqueur de Charles, entre dans Messine aux acclamations du peuple; et bientôt la Sicile couronne dans son libérateui" l’oncle et l’héritier de Conradin.

Charles vaincu, et n’ayant plus d’espoir dans les armes, cherche à ramener les peuples par sa clémence. Il publie des amnisties, rétablit la Si- cile dans tous ses droits et tous ses privilèges, étend même ses bienfaits jusques sur Naples : basse indulgence qui ne trompa et ne ramena per. sonne. La Sicile qui le brave, méprise ses dons perfides ; et Naples seule en profite contre le gré du tyran.

Ce monarque s’aperroit que ïa feinte est vaine,