Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/448

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DE CIÏ.VMFORT. 47

des garnisons, sème partout l’épouvante; tout reste immobile à son aspect. Son arr-iée s’arrête aux environs d’Averse. Louis reçoit au château le duc de Durazzo et tous les seigneurs qui vien- nent à sa rencontre, portant avec eux i’enfant Charobert dans son berceau; il passe avec eux dans la galerie ; le signal est donné : les troupes hongroises se rangent en bataille ; appareil de terreur ! Louis s’informe du lieu de l’assassinat, et quelle est la fenêtre fatale. On lui montre l’un et l’autre. Le roi tire une lettre que -Charles, duc de Durazzo, avait écrite et qui déposait contre lui ; il ordonne qu’on étrangle ce prince, et que son corps soit jeté par la fenêtre où celui d’x4.ndré son frère avait passé : il sort à l’instant d’Averse et marche à Naples. Le peuple en foule s’empresse de lui offrir les honneurs dus à son rang ; il les refuse, fait raser les maisons des princes du sang, séjourne deux mois à Naples, en passe deux autres à parcourir ce royaume, laisse des officiers dans toutes les places, et retourne en Hongrie.

La reine cependant était venue trouver le pape à Avignon ; elle y plaide sa cause en public, et le pontife reconnut son innocence. Il envoya même au roi de Hongrie un légat dont il connaissait l’é- loquence et l’adresse. IMais Louis, maître de Naples, après la mort du jeune Charobert, devait être d’autant phis inflexible, que la politique et l’ambition se joignaient alors à la vengeance.

Telle fut pourtant l’habileté du légat négocia-