Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/449

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teur, ou peut être le noble désintéressement de Louis, que Jeanne obtint la ptrmission de rentrer dans ses états.

La reine, dans le besoin d’argent où elle était, vendit Avignon au pape pour quatre-vingt mille florins d’or de Provence. Boniface, se doutant bien que le prix modique d’une acquisition si impor- tante donnerait lieu à des réflexions désavanta- geuses, eut soin de prêter aux intentions de Jeanne un motif religieux, indiqué par ces paroles : « Plus heureux celui qui donne que celui qui reçoit. » Adroite citation de l’Écriture-Sainte, mais qui par malheur, aux yeux de la politique mon- daine, ne levé pas entièrement les soupçons sur l’intégrité des juges et l’innocence de Jeanne.

La reine, avec les quatre-vingt mille florins du pape, vint descendre au château de l’OEuf, seule place qui lui restât dans son royaume. Les Napo- litains la revirent avec joie ; et le roi de Hongrie, ayant rappelé ses troupes et consenti à la paix, Jeanne et Louis son époux se firent couronner dans leur ville capitale.

Pendant les troubles de Naples, la Sicile, livrée aux factions des Palices et des Clermonts, princes du sang révoltés, n’avait pas été plus tranquille. L’infant don Juan, dont la régence habile avait dompté et puni les séditieux vendus à la maison 4e Naples, avait, malgré le pape et les factieux, négocié la paix avec la reine Jeanne, tandis que le roi de Hongrie lui disputait à elle-même sa