Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/453

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sans doute n’avait point assez payé ses services, apjjelle un autre duc (i’ânjou en Italie. Ce prince paraît à la tète d’une puissante armée, et s’an- nonce par des succès rapides. Mais tout change encore ; Durazzo sent la nécessité. de ramener le pape; c’est ce qu’il fait par un traité avantageux pour la cour de Rome. Alors le Saint Père excom- munie ce même duc d’Anjou, dont il venait de se servir, publie une croisade contre lui, et promet des indulgences à c[uiconque tournera ses armes contre ce prince. Durazzo, paisible possesseur du trône, va briguer celui de Hongrie vacant par la mort du roi Louis, et périt dans les troubles de ce royaume, livré comme celui de Naples aux fu- reurs des dissentions intestines.

Marguerite, veuve de Durazzo, plus incapable de gouverner c[ue Jeanne elle-même, fait procla- mer roi son fils, et ose se charger de la régence- Dans l’anarchie intolérable, fruit de son incapacité et de celle de ses ministres, ses peuples forcés de se gouverner eux-mêmes, se créent une magistra- ture sous le nom des huit seigneurs du bon gou- vernement. C’était le temps du grand schisme qui produisit tant d’antipapes. Ces huit seigneurs re- connaissent pour roi de Naples le fils du précé- dent duc d’Anjou, attiré comme son père en Ita- lie par Clément, pape d’Avignon. Ce pontife lui avait donné l’investiture du royaume de Naples, à l’exclusion de Ladislas soutenu par Boniface ir, onzième pape de Rome : moment curieux de l’his-