Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/454

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DE CriAMFORT. 443

loire, où l’on voit deux princes se disputer un royaume, à la solde l’un et l’autre de deux pon- tifes qui se disputent la tliiare. Ce fut I.adisias et le pape romain qui l’emportèrent sur Louis d’An- jou et son pape d’Avignon. Sa mort, elfet d’une vengeance vile et atroce (i), laisse le tronc à Jeanne n, sa sœur.

Jeanne, dont les mœurs influèrent sur les révo- lutions du gouvernement, était déjà connue par ses faiblesses avant de monter sur le trône. Le rap- prochement des différents traits relatifs à son règne et consacrés par les historiens de Naples, forme un tableau assez semblable à celui que piésentent quelques-uns de ces romans français, fondés sur le mélange de la galanterie et des in- trigues de cour. L’histoire contemporaine, en par- lant de cette princesse qui descendait quelquefois de son rang, est forcée de descendre elle-même de sa dignité.

Pandolphe-Alopo, amant choisi dans un ordre inférieur, et devenu trop rapidement grand-séné- chal du royaume, ne sut pas se faire pardonner les bontés de sa souveraine. Jeanne, soit pour ap-

(i) Ce prince aimait la fille d’un médecin de Pcrouse. Le père gagné, dit-on, par les Florentins, donne à sa fille lui mouchoir dont le contact devait irriter les désirs et même fixer le cœur de son amant. Ladislas et sa maîtresse furent également victimes de cette ruse abominable. Us moururent l’un et l’autre d’une maladie de langueur-.