Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/461

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45o ŒUVRES

de l’Inquisition. Aragonais, Siciliens, Napolitains, tous se crurent compatriotes sous un monarque qui partageait entre eux ses soins et sa présence, et qui suffisait au bonheur de tant de peuples. Il s’en occupa d’autant plus constamment, qu’une fois établi sur le trône, il eut moins que ses prédécesseurs à lutter contre l’ambition des papes, et qu’il put être bienfaisant avec sécurité. C’est de son temps que monta sur la chaire de Saint-Pierre le vertueux Nicolas v, élu malgré lui-même, homme à jamais respectable, qui, après le schisme d’Occident, nomma doyen du sacré collège son concurrent détrôné, l’anti-pape Félix. Ce pontife dédaignant le faux honneur de briller dans les fastes de la cour de Rome parmi les papes, soutiens de l’ambition pontificale, lui préféra l’honneur véritable de laisser un nom cher à l’humanité. Il partagea avec Alphonse la gloire de faire oublier à l’Italie les calamités qui l’affligeaient depuis long-temps ; mais comme si le royaume de Naples eût été destiné à expier, par un des fléaux de la nature, la tranquillité dont il jouissait sous Alphonse, un affreux tremblement de terre engloutit cent mille de ses sujets [1].

  1. Le roi assistait à la messe; aux premières secousses du tremblement de terre, tout le monde sortait avec effroi ; le prêtre même quittait l’autel : Alphonse le retient et lui ordonne d’achever le sacrifice.