Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/55

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44 OEUVRES

elle assez haut pour être entendue aussi, et en montrant Helvétius, je vous en donnerai deux cents, si vous voulez venir demain matin chez moi avec cette figure-là. »

— La duchesse de Fronsac, jeune et jolie, n’a- vait point eu d’amans, et l’on s’en étonnait ; une autre femme, voulant rappeler qu’elle était rousse, et que cette raison avait pu contribuer à la maintenir dans sa tranquille sagesse, dit:«Elle est comme Samson,sa force est dans ses cheveux.»

— Mada.me Brisard, célèbre par ses galanteries, étant à Plombières, plusieurs femmes de la cour ne voulaient point la voir. La duchesse de Gisors était du nombre ; et, comme elle était très-dé- vote, les amis de madame Brisard comprirent que, si madame de Gisors la recevait, les autres n’en feraient aucune difficulté. Ils entreprirent cette négociation et réussirent. Comme madame Bri- sard était aimable, elle plut bientôt à la dévote, et elles en vinrent à l’intimité. Un jour, madame de Gisors lui fit entendre que, tout en concevant très-bien qu’on eût une faiblesse, elle ne com- prenait pas qu’une femme vînt à multiplier à un certain point le nombre de ses amans. « Hélas ! lui dit madame Brisard, c’est qu’à chaque fois j’ai cru que celui-là serait le dernier. »

— Le régent voulait aller au bal, et n’y être pas reconnu : «J’en sais un moyen, dit l’abbé Du- bois » ; et, dans le bal, il lui donna des coups de pied dans le derrière. Le régent, qui les trouva