Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/56

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DF. CHAMFORT. /|5

trop forts, lui tlit : « L’abbé, tu me déguises trop.»

— C’est une chose remarquable que Molière, qui n’épargnait rien, n’a pas lancé un seul trait contre les gens de finance. On dit que Molière et les auteuis comiques du temps eurent là-dessus des ordres de Colbert.

— Un énergumène de gentilhommerie, ayant observé que le contour du château de Versailles était empuanti d’uiine, ordonna à ses domesti- ques et à ses vassaux de venir lâcher de l’eau au- tour de son château.

— La Fontaine, entendant plaindre le sort des damnés au milieu du feu de l’enfer, dit : « Je me flatte qu’ils s’y accoutument, et qu’à la fin ils sont là comme le poisson dans l’eau. »

— Madame de Nesle avait M. deSoubise. M. de Nesle, qui méprisait sa femme, eut un jour une dispute avec elle en présence de son amant ; il lui dit: )) Madame, on sait bien que je vous passe tout ; je dois pourtant vous dire que vous avez des fantaisies trop dégradantes, que je ne vous passerai pas : telle est celle que vous avez pour le perruquier de mes gens, avec lequel je vous ai vue sortir et rentrer chez vous. » Après quelques menaces, il sortit, et la laissa avec M. de Sou- bise, qui la souffleta, quoiqu’elle pût dire. Le mari alla ensuite conter ce bel exploit, ajoutant que l’histoire du perruquier était fausse, se mo- quant de M. de Soubise qui l’avait crue, et de sa femme qui avait été souffletée.