Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/76

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DE CHAMFORT. 65

entendue, prétend qu’elle vous a fait pleurer. — Moi ! dit le maréchal, point du tout ; mais comme il pleurait lui-même dès la première scène, j’ai cru honnête de prendre part à sa douleur. »

— Monsieur et madame d’Angeviler, Monsieur et madame Necker paraissent deux couples uni- ques, chacun dans son genre. On croirait que chacun d’eux convenait à l’autre exclusivement, et que l’amour ne peut aller plus loift. Je les ai étudiés, et j’ai trouvé qu’ils se tenaient très-peu par le cœur; et que ;, quant au caractère, ils ne se tenaient que par des contrastes.

— M. Th me disait un jour qu’en général

dans la société, lorsqu’on avait fait quelque ac- tion honnête et courageuse par un motif digne d’elle, c’est-à-dire, très-noble, il fallait que celui qui avait fait cette action lui prêtât, pour adoucir l’envie, quelque motif moins honnête et plus

vulgaire.

— Louis XV demanda au duc d’Ayen ( depuis maréchal de Noailles ) s’il avait envoyé sa vais- selle à la monnaie ; le duc répondit que non. « Moi, dit le roi, j’ai envoyé la mienne. — Ah ! sire, dit M. d’Ayen, quand Jésiis-Chrit mourut le vendredi-saint, il savait bien qu’il ressusciterait le dimanciie. »

— Da>s le temps qu’il y avait des jansénistes, on les distinguait à la longueur du collet de leur manteau. L’archevêque de Lyon avait fait plu- sieurs enfans ; mais, à chaque équipée de cette

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