Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/90

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DE CIIAMFORT. -9

— C’était l’usage chez madame Delucliet que l’on achetât une bonne histoire à celui qui la fai- sait.. .« Combien en voulez-vous?... Tant. » Il arriva que madame Deluchet demandant à sa femme de chambre l’emploi de cent écus, celle-ci parvint à rendre ce compte à l’exception de trente-six livres; lorsque tout-à-coup elle s’écria : « Ah ! madarae, et cette histoire pour laquelle vous m’avez sonné, que vous avez achetée à M. Coqueley, et que j’ai payée trente-six livres! j

— M. de Bissi, voulant quitter la présidente d’Aligre, trouva sur sa cheminée une lettre dans laquelle elle disait à un homme avec qui elle était en intrigue, qu’elle voulait ménager M. de Bissi, et s’arranger pour qu’il la quittât le premier. Elle avait même laissé cette lettre à dessein. Mais M. de Bissi ne fit semblant de rien, et la garda six mois, en l’importunant de ses assiduités.

— INI. de R. a beaucoup d’esprit, mais tant de sottises dans l’esprit, que beaucoup de gens pour- raient le croire un sot.

— M. d’Epréménil vivait depuis long-temps avec madame Tilaurier. Celle-ci voulait l’épouser. Elle se servit de Cagliostro, qui faisait espérer la découverte de la pierre philosophale. On sait que Cagliostro mêlait le fanatisme et la superstition aux sottises de l’alchimie. D’Epréménil se plai- gnant de ce que cette pierre philosophale n’arri- vait pas, et une certaine formule n’ayant point eu d’effet, Cagliostro lui fit entendre que cela venait