Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/99

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88 ŒUVRES

taille. « Oui, dit M. de Turenne, j’éprouve une grande agitation ; mais il y a dans l’armée plu- sieurs officiers subalternes et un grand nombre de soldats qui n’en éprouvent aucune. »

— Diderot, voulant faire un ouvrage qui pou- vait compromettre son repos, confiait son se- cret à un ami qui, le connaissant bien, lui dit : « Mais, vous-même, me garderez-vous bien le secret ? » En effet, ce fut Diderot qui le trahit.

— C’est M. de Maugiron qui a commis cette action horrible, que j’ai entendu conter, et qui me parut une fable. Etant à l’armée, son cuisinier fut pris comme maraudeur ; on vient le lui dire : « Je suis très-content de mon cuisinier, répon- dit-il ; mais j’ai un mauvais marmiton. » Il fait venir ce dernier, lui donne une lettre pour le grand-prévôt. Le malheureux y va, est saisi, pro- teste de son innocence, et est pendu.

— Je proposais à M. de L.... un mariage qui semblait avantageux. Il me répondit : « Pourquoi me marierais-je ? le mieux qui puisse m’arriver, en me mariant, est de n’être gas cocu, ce que j’obtiendrai encore plus sûrement en ne me ma- riant pas. w

— Fontenelle avait fait un opéra où il y avait un chœur de prêtres qui scandalisa les dévots ; farchévêque de Paris voulut le faire supprimer : « Je ne me mêle point de son clergé, dit Fonte- nelle ; qu’il ne se mêle pas du mien. »

— jM. d’Alembert a entendu diic au roi de