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Page:Chardon - Antonia Vernon.djvu/36

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faires, car il se leva vivement à son approche et lui tendit affectueusement la main.

C’était un petit homme avec une grosse tête couverte de cheveux ébouriffés, épais, raides et d’un noir un peu rougeâtre ; ses traits, fortement accusés, et ses gros sourcils eussent donné de la dureté à sa figure sans un sourire franc, ouvert, qui laissait briller de très-belles dents et donnait la plus joyeuse expression du monde à sa physionomie ; il portait de petites moustaches, la barbe en collier et très-fournie, bien que son col fût court et gros, ses épaules carrées, ce qui faisait que sa tête se rejoignait à son corps presque sans diminution ; toute sa stature épaisse accusait une grande force, de même que ses mouvements vifs, nombreux, pressés, annonçaient une grande vivacité. Il était impossible de ne pas deviner au premier instant une nature méridionale des plus prononcées, et dès qu’une phrase était sortie de ses lèvres, on reconnaissait un Marseillais.

« Ah ! ah ! mon cher Norbach, reprit-il en riant, il paraît que vous êtes pressé de me voir. »

Puis il prit un siége, se débarrassa de son chapeau, ôta ses gants, car il fallait toujours qu’il agit en parlant, et ses gants, comme son chapeau, étaient repris et quittés bien des fois pendant le temps ordinaire de la plus courte visite. En tout il présentait un contraste frappant avec M. Norbach,