Page:Charles Perrault - Les Contes des fees, edition Giraud, 1865.djvu/212

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de loups qui venoient à eux pour les manger. Ils n’osoient presque se parler, ny tourner la teste. Il survint une grosse pluye, qui les perça jusqu’aux os ; ils glissoient à chaque pas, et tomboient dans la boüe, d’où ils se relevoient tout crottez, ne sçachant que faire de leurs mains.

Le Petit Poucet grimpa au haut d’un arbre pour voir s’il ne découvrirait rien : ayant tourné la teste de tous costez, il vit une petite lueur comme d’une chandelle, mais qui estoit bien loin par delà la forest. Il descendit de l’arbre, et, lorsqu’il fut à terre, il ne vit plus rien : cela le desola. Cependant, ayant marché quelque temps, avec ses freres, du costé qu’il avoit veu la lumiere, il la revit en sortant du bois.

Ils arriverent enfin à la maison où estoit cette chandelle, non sans bien des frayeurs : car souvent ils la perdoient de veüe ; ce qui leur arrivoit toutes les fois qu’ils descendoient dans quelques fonds. Ils heurterent à la porte, et une bonne femme vint leur ouvrir. Elle leur demanda ce qu’ils vouloient. Le Petit Poucet luy dit qu’ils étoient de pauvres enfans qui s’estoient perdus dans la forest, et qui demandoient