Page:Charles de Brosses - Lettres familières écrites d’Italie - ed Poulet-Malassis 1858.djvu/189

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



voyez que je ne vous donne pas des effets verreux), sans parler du Rnnuzzi qui vante son escalier, du Monti, qui montre le cordon bleu de son oncle… de l’Aldrovandi… de l’Ercolani… de celui du duc de Modène, et de quantité d’autres qui méritent d’être vus, ou pour une raison ou pour une autre.


J’ai réservé pour la dernière la principale chose qu’il y ait dans la ville, et l’une des plus curieuses qu’il y ail on Europe. C’est l’Institut ou Académie des Sciences, établissement formé depuis peu par le célèbre comte Ferdinand de Marsigli. Ceci mérite un grand détail, et vous l’aurez. L’immense quantité de choses qui y sont comprises n’est pas plus admirable que l’ordre dans lequel elles sont disposées ; et, ce qu’il y a de plus surprenant, €‘est que tout ceci est l’ouvrage de quelques particuliers, qui l’ont entrepris depuis une vingtaine d’années. Voici donc d’une manière assez sèche le catalogue de ce qui le •compose, après vous avoir dit que le bâtiment est, comme de raison, fort vaste et d’une belle architecture, de la façon de Tibaldi.


Un petit salon plein d’inscriptions et de monuments antiques. — Une académie pour dessiner d’après le naturel. — Salles contenant des modèles et des copies de statues antiques. — Deux salles pour l’académie d’architecture, pleines de modèles de l’architecture antique. — Appartements pleins des prix qui ont été remportés par les élèves en architecture, dessin et gravure, avec les planches. — Salle de chimie. — Salle de géographie et de marine, contenant toutes les cartes terrestres et marines, les livres qui y ont rapport, et les différentes espèces de bâtiments de mer, effectivement fabriqués en petit. — La bibliothèque qui, quoique assez nombreuse n’est pas encore suffisamment formée. — Salle où tous les phénomènes, météores ou sites particuliers de la terre, sont peints en petits tableaux. — Salle contenant une suite universelle de toutes les plantes marines •connues, éponges, coraux, madrépores, et enûn des originaux de tout ce que le général Marsigli a ramassé dans les travaux immenses qu’il a faits, pendant tant d’années, au fond de la Méditerranée. — Salles des métaux, contenant la suite complète des pierres de mines, métaux, minéraux, aimants, marcassites, sables, cail-