Page:Charrière - Trois femmes, 1798.djvu/15

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ce nous sommes dans le monde tout-à-la-fois spectacle et spectateurs, jugés et juges, mêlant sans-cesse l’idée de ce qu’il nous convient que soient et fassent nos semblables, avec celle de ce qui leur convient que nous soyons et fassions ; de manière qu’il se crée en nous une conscience dont il nous est impossible de reconnoître les élémens. Dans notre enfance un maître nous punit de lui avoir enlevé sa plume et de lui avoir nié le larcin ; en même tems qu’il nous punit, il nous menace pour notre vie entière, des mépris et de la haine de tout l’univers, si nous volons et mentons. Voilà aussi-tôt des