Page:Charrière - Trois femmes, 1798.djvu/51

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se, et cependant je l’aimerai toujours ; voilà qui est bien décidé ; car je vois par sa lettre qu’elle a autant de délicatesse et d’esprit que de beauté. Que je suis heureux d’avoir fait sur le seul rapport de mes yeux, un choix que ma raison approuve ! J’ai été séduit par les mêmes choses qui séduisent tant d’autres hommes : mais cette séduction loin de me conduire au vice et au repentir, me conduit au bonheur d’aimer la personne du monde qui mérite le mieux d’être aimée.

Pendant que le jeune homme, un peu à l’écart, faisoit ces reflexions, sa mere regardoit avec une admiration mêlée d’humeur, le fichu et le tablier. Il ne se laissera pas marier tout simplement, pensoit-elle, comme ses peres et grands-