Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/121

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losophes répondent à cela ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . et, levant les mains vers le ciel : Quel est celui qui a fait tout cela ? »

En 1797, par sa proclamation de Macerata, Bonaparte autorise le séjour des prêtres français réfugiés dans les États du pape, défend de les inquiéter, ordonne aux couvents de les nourrir, et leur assigne un traitement en argent.

Ses variations en Égypte, ses colères contre l’Église dont il était le restaurateur, montrent qu’un instinct de spiritualisme dominait au milieu même de ses égarements, car ses chutes et ses irritations ne sont point d’une nature philosophique et portent l’empreinte du caractère religieux.

Bonaparte, donnant à Vignale les détails de la chapelle ardente dont il voulait qu’on environnât sa dépouille, crut s’apercevoir que sa recommandation déplaisait à Antomarchi ; il s’en expliqua avec le docteur et lui dit : « Vous êtes au-dessus de ces faiblesses : mais que voulez-vous, je ne suis ni philosophe ni médecin ; je crois à Dieu ; je suis de la religion de mon père. N’est pas athée qui veut . . . . . . . . . . . . . . . Pouvez-vous ne pas croire à Dieu ? car enfin tout proclame son existence, et les plus grands génies l’ont cru . . . . . Vous êtes médecin . . . . . ces gens-là ne brassent que de la matière : ils ne croient jamais rien. »

Fortes têtes du jour, quittez votre admiration pour Napoléon ; vous n’avez rien à faire de ce pauvre homme : ne se figurait-il pas qu’une comète était venue le chercher, comme jadis elle emporta César ?