Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/180

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Je répondis à ces généreuses dames qui ressemblaient si peu aux grandes dames :


« Je vous remercie bien, mes chères dames, de l’offre que vous me faites de publier dans un journal tout ce qui s’est passé relativement à M. de Sèze. Vous êtes d’excellentes royalistes, et moi aussi je suis un bon royaliste : nous devons nous souvenir avant tout que M. de Sèze est un homme respectable, et qu’il a été le défenseur de notre roi. Cette belle action n’est point effacée par un petit mouvement de vanité. Ainsi gardons le silence : il me suffit de votre bon témoignage auprès de vos amis. Je vous ai déjà remerciées de vos excellents fruits : madame de Chateaubriand et moi nous mangeons tous les jours vos marrons en parlant de vous.

« À présent permettez à votre hôte de vous embrasser. Ma femme vous dit mille choses, et moi je suis


« Votre serviteur et ami,

« Chateaubriand.

« Paris, 2 novembre 1820. »


Mais qui pense aujourd’hui à ces futiles débats ? Les joies et les fêtes du baptême sont loin derrière nous. Quand Henri naquit, le jour de Saint-Michel, ne disait-on pas que l’archange allait mettre le dragon sous ses pieds ? Il est à craindre, au contraire, que l’épée flamboyante n’ait été tirée du fourreau que pour faire sortir l’innocent du paradis terrestre, et pour en garder contre lui les portes.