Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/184

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« 20 décembre[1], trois heures et demie.

« à m. le duc de richelieu.

« J’ai eu l’honneur de passer chez vous, monsieur le duc, pour vous rendre compte de l’état des choses : tout va à merveille. J’ai vu les deux amis : Villèle consent enfin à entrer ministre secrétaire d’État au conseil, sans portefeuille, si Corbière consent à entrer au même titre, avec la direction de l’instruction publique. Corbière, de son côté, veut bien entrer à ces conditions, moyennant l’approbation de Villèle. Ainsi, il n’y a plus de difficultés. Achevez votre ouvrage, monsieur le duc ; voyez les deux amis ; et quand vous aurez entendu ce que je vous écris, de leur propre bouche, vous rendrez à la France la paix intérieure, comme vous lui avez donné la paix avec les étrangers.

« Permettez-moi de vous soumettre encore une idée : trouveriez-vous un grand inconvénient à remettre à Villèle la direction vacante par la retraite de M. de Barante[2] ? il serait alors placé dans une position plus égale avec son ami. Toutefois, il m’a positivement dit qu’il consentirait à entrer au conseil sans portefeuille, si Corbière avait l’instruction publique. Je ne dis ceci que comme un moyen de plus de satisfaire complètement les royalistes, et

  1. Le 20 décembre 1820.
  2. M. de Barante avait donné sa démission de directeur général des contributions indirectes, poste auquel était attribué, à cette époque, un traitement de cent mille francs. (Voir les Souvenirs du baron de Barante, t. II. p. 455.)