Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/223

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cette réunion. J’aurais quelque droit de me plaindre. Qu’a-t-on fait pour les royalistes depuis mon départ ? Je ne cesse d’écrire pour eux : m’écoute-t-on ? Monsieur le baron, j’ai, grâce à Dieu, autre chose à faire dans la vie qu’à assister à des bals. Mon pays me réclame, ma femme malade a besoin de mes soins, mes amis redemandent leur guide. Je suis au-dessus ou au-dessous d’une ambassade et même d’un ministère d’État. Vous ne manquerez pas d’hommes plus habiles que moi pour conduire les affaires diplomatiques ; ainsi il serait inutile de chercher des prétextes pour me faire des chicanes. J’entendrai à demi mot ; et vous me trouverez disposé à rentrer dans mon obscurité. »

Tout cela était sincère : cette facilité à tout planter là, et à ne regretter rien, m’eût été une grande force, eussé-je eu quelque ambition.

Ma correspondance diplomatique avec M. Pasquier allait son train : continuant de m’occuper de l’affaire de Naples[1], je disais :


No 15.
« 20 février 1821.

« L’Autriche rend un service ; aux monarchies en détruisant l’édifice jacobin des Deux-Siciles ; mais

  1. Le 2 juillet 1820, une révolution militaire avait éclaté à Naples. Les carbonari, vaste association secrète qui couvrait de son réseau une grande partie de l’Italie, avaient gagné l’armée. Le général Pepe avait obligé le roi des Deux-Siciles, Ferdinand ier, à proclamer une constitution calquée sur celle que les révolutionnaires venaient d’établir en Espagne. Les Autrichiens entrèrent à Naples le 23 mars 1821. Les principaux auteurs du mouvement