Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/237

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tiques, je crus devoir rentrer dans la retraite avec lui. J’écrivis à M. Pasquier :


« Paris, ce 30 juillet 1821.

« Monsieur le baron,

« Lorsque vous voulûtes bien m’inviter à passer chez vous, le 14 de ce mois, ce fut pour me déclarer que ma présence était nécessaire à Berlin. J’eus l’honneur de vous répondre que MM. de Corbière et de Villèle paraissant se retirer du ministère, mon devoir était de les suivre. Dans la pratique du gouvernement représentatif, l’usage est que les hommes de la même opinion partagent la même fortune. Ce que l’usage veut, monsieur le baron, l’honneur me le commande, puisqu’il s’agit, non d’une faveur, mais d’une disgrâce. En conséquence, je viens vous réitérer par écrit l’offre que je vous ai faite verbalement de ma démission de ministre plénipotentiaire à la cour de Berlin : j’espère, monsieur le baron, que vous voudrez bien la mettre aux pieds du roi. Je supplie Sa Majesté d’en agréer les motifs, et de croire à ma profonde et respectueuse reconnaissance pour les bontés dont elle avait daigné m’honorer.

« J’ai l’honneur d’être, etc.,
« Chateaubriand. »

J’annonçai à M. le comte de Bernstorff l’événement qui interrompait nos relations diplomatiques ; il me répondit :