Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/280

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Dans sa lettre du 5 mai 1822, il me répondit d’abord un mot favorable.


« Paris, le 5 mai 1822.

« Je vous remercie, me dit-il, de tout ce que vous faîtes pour nous à Londres ; la détermination de cette cour au sujet des colonies espagnoles ne peut influer sur la nôtre ; la position est bien différente ; nous devons éviter par-dessus tout d’être empêchés, par une guerre avec l’Espagne, d’agir ailleurs comme nous le devons, si les affaires de l’Orient amenaient de nouvelles combinaisons politiques en Europe.

« Nous ne laisserons pas déshonorer le gouvernement français par le défaut de participation aux événements qui peuvent résulter de la situation actuelle du monde ; d’autres pourront y intervenir avec plus d’avantages, aucun avec plus de courage et de loyauté.

« On se méprend fort, je crois, et sur les moyens réels de notre pays, et sur le pouvoir que peut encore exercer le gouvernement du roi dans les formes qu’il s’est prescrites ; elles offrent plus de ressources qu’on ne paraît le croire, et j’espère qu’à l’occasion nous saurons le montrer.

« Vous nous seconderez, mon cher, dans ces grandes circonstances si elles se présentent. Nous le savons et nous y comptons ; l’honneur sera pour tous, et ce n’est pas de ce partage dont il s’agit en ce moment, il se fera selon les services rendus ; rivalisons tous de zèle à qui en rendra de plus signalés.