Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/306

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disgrâces ne sont pas des malheurs ; l’opinion publique, juge suprême, nous apprendra dans quelle classe il faut placer M. de Chateaubriand ; elle nous apprendra aussi à qui l’ordonnance de ce jour aura été le plus fatale, ou du vainqueur ou du vaincu.

« Qui nous eût dit, à l’ouverture de la session, que nous gâterions ainsi tous les résultats de l’entreprise d’Espagne ? Que nous fallait-il cette année ? Rien que la loi sur la septennalité (mais la loi complète) et le budget. Les affaires de l’Espagne, de l’Orient et des Amériques, conduites comme elles l’étaient, prudemment et en silence, seraient éclaircies ; le plus bel avenir était devant nous ; on a voulu cueillir un fruit vert ; il n’est pas tombé, et on a cru remédier à de la précipitation par de la violence.

« La colère et l’envie sont de mauvais conseillers ; ce n’est pas avec les passions et en marchant par saccades que l’on conduit les États.

« P.-S. La loi sur la septennalité a passé, ce soir, à la Chambre des députés. On peut dire que les doctrines de M. de Chateaubriand triomphent après sa sortie du ministère. Cette loi, qu’il avait conçue depuis longtemps, comme complément de nos institutions, marquera à jamais, avec la guerre d’Espagne, son passage dans les affaires. On regrette bien vivement que M. de Corbière ait enlevé la parole, samedi, à celui qui était alors son illustre collègue. La Chambre des pairs aurait au moins entendu le chant du cygne.

« Quant à nous, c’est avec le plus vif regret que