Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/310

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d’avoir avec vous des relations que l’on vient de briser. Continuez, monsieur et ancien ami, à rendre des services à votre pays, mais ne comptez pas trop sur la reconnaissance, et ne croyez pas que vos succès soient une raison pour vous maintenir au poste où vous vous faites tant d’honneur.

« Je vous souhaite, monsieur, tout le bonheur que vous méritez, et je vous embrasse.

« P.-S. — Je reçois à l’instant votre lettre du 5 de ce mois, où vous m’apprenez l’arrivée de M. de Mérona. Je vous remercie de votre bonne amitié ; soyez sûr que je n’ai cherché que cela dans vos lettres.

« Chateaubriand[1]. »
  1. Un an plus tard, le 3 juillet 1825, le baron Hyde de Neuville annonçait à son tour à son ami Chateaubriand que son ambassade venait de lui être enlevée :
    « Mon noble ami,

    « Vous m’avez annoncé votre sortie du ministère. Je vous fais savoir à mon tour que je ne suis plus ambassadeur.

    « On me frappe parce que je vous ai suivi. Tant mieux, cela doit resserrer nos liens d’amitié ; que Dieu soit loué, le Roi béni !

    « The king can do wrong.

    « Tout à vous,
    « Hyde de Neuville. »

    Il reçut la réponse suivante :

    « Bravo ! mon cher ami, qu’ils s’en prennent à des hommes comme vous, et ils n’iront pas loin. Je ne puis vous offrir par quartiers les cinq mille francs que vous aviez mis à ma disposition ; mais j’ai encore quelques assiettes de porcelaine à votre service, et si vous en avez besoin, nous les vendrons.

    « Pauvre France ! À vous plus que jamais.

    « Chateaubriand. »