Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/330

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et qui débitent aujourd’hui, comme choses nouvelles sur la monarchie représentative, des choses que je leur ai apprises et qui sont à toutes les pages de mes écrits. M. de Montalivet est devenu ministre de l’intérieur et favori de Philippe ; les hommes qui aiment à suivre les variations d’une destinée trouveront ce billet assez curieux :


« Monsieur le vicomte,

« J’ai l’honneur de vous envoyer le relevé des erreurs que j’avais trouvées dans le tableau de jugements en Cour royale qui vous a été communiqué. Je les ai vérifiées encore, et je crois pouvoir répondre de l’exactitude de la liste ci-jointe.

« Daignez, monsieur le vicomte, agréer l’hommage du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être,

« Votre bien dévoué collègue et sincère admirateur,

« Montalivet. »

Cela n’a pas empêché mon respectueux collègue et sincère admirateur, M. le comte de Montalivet, en son temps si grand partisan de la liberté de la presse, de m’avoir fait entrer comme fauteur de cette liberté dans la geôle de M. Gisquet[1].

    moins de dix volumes et qui lui valut d’être nommé, le 19 mai 1870, membre de l’Académie française.

  1. Henri-Joseph Gisquet (1792-1866). Il remplit les fonctions de préfet de police du 14 octobre 1831 au 6 septembre 1836, et c’est sous son administration que Chateaubriand, comme nous le verrons plus tard, fut emprisonné, au mois de juin 1832. Malheureusement pour M. Gisquet, son nom s’est trouvé mêlé à d’autres affaires bien autrement fâcheuses. Il avait été, sous