Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/332

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1826[1] : j’y entrai seul, dépouillé et nu, et j’en sortis victorieux. C’est de l’histoire que je fais ici en faisant l’extrait des arguments que j’employai.


EXTRAIT DE MA POLÉMIQUE APRÈS MA CHUTE.

« Nous avons eu le courage et l’honneur de faire une guerre dangereuse en présence de la liberté de la presse, et c’était la première fois que ce noble spectacle était donné à la monarchie. Nous nous sommes vite repentis de notre loyauté. Nous avions bravé les journaux lorsqu’ils ne pouvaient nuire qu’au succès de nos soldats et de nos capitaines ; il a fallu les asservir lorsqu’ils ont osé parler des commis et des ministres…

« Si ceux qui administrent l’État semblent complètement ignorer le génie de la France dans les choses sérieuses, ils n’y sont pas moins étrangers dans ces choses de grâces et d’ornements qui se mêlent, pour l’embellir, à la vie des nations civilisées.

« Les largesses que le gouvernement légitime ré-

    poète vous expliquera mieux que beaucoup de financiers le jeu des rentes et de l’amortissement. Cet homme d’imagination entrera plus avant qu’un jurisconsulte dans l’esprit et les détails d’une loi civile. Quelquefois, en grand écrivain, il relève la vulgarité de l’idée par la hardiesse du mot. Quelquefois, il vous ramène des hauteurs du débat, par la familiarité de l’expression. Ou bien, il entrecoupe le cours uni de la narration par une image éblouissante, par une allusion historique, par un tour inattendu, par un trait, par une date, par un mot tel que Chateaubriand sait les dire. »

  1. Les articles de Chateaubriand, du 21 juin 1824 au 18 décembre 1826, parurent dans le Journal des Débats.