Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/339

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« Je reçois une lettre de la Grèce qui a fait un long détour avant de m’arriver. J’y trouve quelques lignes sur vous que je veux vous faire connaître ; les voici :

« L’ordonnance du 6 juin nous est parvenue, elle a produit sur nos chefs la plus vive sensation. Leurs espérances les plus fondées étant dans la générosité de la France, ils se demandent avec inquiétude ce que présage l’éloignement d’un homme dont le caractère leur promettait un appui. »

« Ou je me trompe ou cet hommage doit vous plaire. Je joins ici la lettre : la première page ne concernait que moi. »

On lira bientôt la vie de Mme Récamier : on saura s’il m’était doux de recevoir un souvenir de la patrie des Muses par une femme qui l’eût embellie.

Quant au billet de M. Molé donné plus haut, il fait allusion au marché que j’avais conclu relativement à la publication de mes Œuvres complètes. Cet arrangement aurait dû, en effet, assurer la paix de ma vie ; il a néanmoins tourné mal pour moi, bien qu’il ait été heureux pour les éditeurs auxquels M. Ladvocat, après sa faillite, a laissé mes Œuvres. En fait de Plutus ou de Pluton (les mythologistes les confondent), je suis comme Alceste, je vois toujours la barque fatale ; ainsi que William Pitt, et c’est mon excuse, je suis un panier percé ; mais je ne fais pas moi-même le trou au panier[1].

  1. Chateaubriand avait cédé au libraire Ladvocat la propriété de ses œuvres complètes, moyennant une somme de sept cent mille francs. « Pendant le reste du jour, dit un de ses biographes, l’abbé Clergeau, qui fut aussi son aumônier, l’éditeur re-