Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/340

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À la fin de la Préface générale de mes Œuvres, 1826, 1er volume, j’apostrophe ainsi la France :

« Ô France ! mon cher pays et mon premier amour, un de vos fils, au bout de sa carrière, rassemble sous vos yeux les titres qu’il peut avoir à votre bienveillance. S’il ne peut plus rien pour vous, vous pouvez tout pour lui, en déclarant que son attachement à votre religion, à votre roi, à vos libertés, vous fut agréable. Illustre et belle patrie, je n’aurais désiré un peu de gloire que pour augmenter la tienne. »

Mme de Chateaubriand, étant malade, fit un voyage dans le midi de la France, ne s’en trouva pas bien, revint à Lyon, où le docteur Prunelle la condamna. Je l’allai rejoindre ; je la conduisis à Lausanne, où elle fit mentir M. Prunelle. Je demeurai à Lausanne tour à tour chez M. de Sivry et chez Mme de Cottens, femme affectueuse, spirituelle et infortunée. Je vis Mme de Montolieu[1] : elle demeurait retirée sur une

    fit ses calculs, qui se continuèrent toute la nuit, restée pour lui sans sommeil. Il s’était trompé ! Ce marché était pour lui un désastre. Dès le matin, il va trouver M. de Chateaubriand : « Monsieur le vicomte, je suis perdu. — Comment cela ? — Dans le contrat que j’ai passé hier avec vous, je suis en perte de 200 000 francs. — Vous arrivez à temps, car j’allais déléguer mes droits pour l’hospice Marie-Thérèse qu’érige Mme de Chateaubriand. » Le grand écrivain donna, en effet, à l’hospice Marie-Thérèse, une grande partie des fonds qu’il toucha. La faillite du libraire Ladvocat lui fit perdre presque entièrement ceux qu’il s’était réservés pour « assurer la paix de sa vie ».

  1. Jeanne-Isabelle-Pauline Polier de Bottens, baronne de Montolieu, née le 7 mai 1751, à Lausanne, morte le 29 décembre 1832. Son premier ouvrage, Caroline de Lichtfield (1786) est aussi le meilleur. C’est un roman bien composé, qui a de l’intérêt et du