Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/355

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projet de cette loi est un travail historiquement curieux ;[1] j’en reçus des compliments parmi lesquels deux noms sont singuliers à rappeler,


« Monsieur le vicomte,

« Je suis sensible aux remercîments que vous voulez bien m’adresser. Vous appelez obligeance ce que je regardais comme une dette, et j’ai été heureux de la payer à l’éloquent écrivain. Tous les vrais amis des lettres s’associent à votre triomphe et doivent se regarder comme solidaires de votre succès. De loin comme de près, j’y contribuerai de tout mon pouvoir, s’il est possible que vous ayez besoin d’efforts aussi faibles que les miens.

« Dans un siècle éclairé comme le nôtre, le génie est la seule puissance qui soit au-dessus des coups de la disgrâce ; c’est à vous, monsieur, qu’il appartenait d’en fournir la preuve vivante à ceux qui s’en réjouissent comme à ceux qui ont le malheur de s’en affliger.

« J’ai l’honneur d’être, avec la considération la plus distinguée, votre, etc., etc.

« Étienne. »

« Paris, ce 5 avril 1826.

  1. Opinion sur le projet de loi relatif à la police de la presse. — 1827, in-8o de 104 pages. Ce discours ne fut pas prononcé, le projet de loi ayant été retiré par le gouvernement. — Les articles, brochures et discours de Chateaubriand en faveur de la liberté de la presse, au cours des deux années 1827 et 1828, remplissent un volume entier, le tome XXVII des Œuvres complètes.