Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/370

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M. de Villèle se coucha : il eut la velléité de rester à la Chambre des députés ; parti qu’il aurait dû prendre, mais il n’avait ni une connaissance assez profonde du gouvernement représentatif, ni une autorité assez grande sur l’opinion extérieure, pour jouer un pareil rôle : les nouveaux ministres exigèrent son bannissement à la Chambre des pairs, et il l’accepta. Consulté sur quelques remplaçants pour le cabinet, j’invitai à prendre M. Casimir Périer et le général Sébastiani : mes paroles furent perdues.

M. de Chabrol, chargé de composer le nouveau ministère, me mit en tête de la liste : j’en fus rayé avec indignation par Charles X. M. Portalis[1], le plus misérable caractère qui fut oncques, fédéré pendant les Cent-Jours, rampant aux pieds de la légitimité dont il parla comme aurait rougi de parler le plus ardent royaliste, aujourd’hui prodiguant sa banale adulation à Philippe, reçut les sceaux. À la guerre, M. de Caux[2]

    fut acceptée par le roi le 6. Le nouveau cabinet ne put être constitué que le 4 janvier 1828. Les ordonnances nommant les nouveaux ministres parurent au Moniteur du 5 janvier.

  1. Joseph-Marie, comte Portalis (1778-1858). Conseiller d’État en 1808, comte de l’Empire et directeur général de la librairie en 1810, premier président de la Cour d’Angers en 1813, conseiller à la Cour de Cassation en 1815, pair de France en 1819, sous-secrétaire d’État au ministère de la Justice du 21 février 1820 au 14 décembre 1821, garde des sceaux le 4 janvier 1828, ministre des Affaires étrangères le 14 mai 1829, premier président de la Cour de cassation le 8 août suivant. Il garda cette charge jusqu’au 18 décembre 1852 ; il était sénateur depuis le 26 janvier. Il mourut à Passy le 4 août 1858.
  2. Le vicomte de Caux, lieutenant-général, député du Nord. Il avait servi avec distinction dans l’arme du génie, et s’était également fait remarquer par ses qualités d’administrateur. Le 11 octobre 1832, le roi Louis-Philippe l’éleva à la dignité de pair de France. Le vicomte de Caux était le fils de M. de Caux de