Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/512

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Mais le temps de la mémoire viendra ; la postérité reconnaissante voudra savoir quel fut cet héritier du grand siècle, dont elle lira les pages immortelles. Je suis incapable aujourd’hui d’entrer dans de longs détails sur la personne et les travaux de mon ami ; la perte que je fais est irréparable, et je la sentirai le reste de ma vie. Au moment même où votre journal est arrivé, j’écrivais à M. de Fontanes ; je ne lui écrirai plus ! Pardonnez, monsieur, si je borne ma lettre à ce peu de mots que je vois à peine en les traçant.

J’ai l’honneur, etc.

Chateaubriand.
Berlin, 31 mars.

C’est par les soins de Chateaubriand que furent publiées, en 1839, les Œuvres de Fontanes, en deux volumes in-8o, avec une Notice par Sainte-Beuve. L’année précédente, il s’était fait l’éditeur du Recueil des Pensées de Joubert : Chateaubriand n’oubliait pas ses amis.

V

le prétendu traité secret de vérone[1].

Le Constitutionnel, dans son numéro du 5 avril 1831, rendant compte de la brochure de Chateaubriand sur la Restauration et la Monarchie élective, fit allusion à un soi-disant traité secret, conclu à Vérone le 22 novembre 1822 et portant la signature de Chateaubriand. Aux termes de ce traité, la France, l’Autriche, la Prusse et la Russie s’engageaient mutuellement à faire tous leurs efforts pour anéantir le système représentatif dans toutes les contrées de l’Europe où il pourrait exister.

Chateaubriand adressa immédiatement au Constitutionnel la lettre suivante :

  1. Ci-dessus, p. 241.