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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

dans votre lettre particulière, vous ayez cru nécessaire d’entrer dans des explications aussi détaillées sur le discours du roi[1] ; l’impression qu’on en avait d’abord reçue était effacée, ou du moins ce que j’avais répondu aux premières observations qui m’avaient été faites avait fait prendre la résolution de ne m’en plus parler ; les explications que vous me donnez ne se trouvent pas d’ailleurs entièrement conformes à celles qu’a envoyées Pozzo, qui a mandé, je crois, que vous aviez bien effectivement ajouté deux ou trois phrases au discours du roi, mais que le président du conseil les avait rayées. Quoi qu’il en soit, c’est une petite affaire dont il ne faut plus parler et qui sera plus qu’oubliée, si dans le courant de la session vous trouvez l’occasion de faire entendre à la tribune deux ou trois phrases qui satisfassent l’extrême exigence de nos amours-propres.

« Je ne sais en vérité si l’on n’est pas plus embarrassé que reconnaissant de notre empressement à venir au-devant des propositions qui nous ont été faites relativement aux affaires d’Orient ; on aimait bien mieux le rôle de tuteur que celui d’ami ; on est en quelque sorte gêné vis-à-vis de ceux avec lesquels on avait pris l’habitude de nous régenter, d’avouer une intimité qui doit déranger des rapports que l’on regretterait, parce qu’ils donneraient à peu de frais beaucoup d’importance. D’ailleurs, rien n’est encore moins clair que les intentions de la Russie à l’égard de la Grèce ; il y a bien long-

  1. Discours du roi Louis XVIII, prononcé à l’ouverture de la session des Chambres, le 23 mars 1824.