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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

faire du bruit et amener des combinaisons qui nous indiqueraient plus clairement qu’elle ne l’est aujourd’hui la route qu’une bonne politique devra nous faire suivre.

« En attendant, je crois que si nous avons ici quelques conférences, elles ne conduiront à rien de décisif ; l’ambassadeur d’Angleterre paraît savoir qu’il ne sera autorisé qu’à écouter et qu’il devra tout prendre ad référendum ; M. Lebzeltern trouvera dans les observations de M. de Metternich tous les motifs qui lui seront nécessaires pour en faire autant ; le comte de Nesselrode me paraît plus que dans aucune occasion, disposé à la temporisation. Il est donc probable que si l’on s’occupe des idées que renferme le mémoire russe, ce ne sera qu’après la campagne, et je ne prévois plus aucune affaire qui puisse s’opposer à ce que je profite du congé que vous avez la bonté de m’envoyer. Cependant, M. le vicomte, j’espère que je n’ai pas besoin de vous promettre que ni ma santé, ni aucune considération quelconque, ne pourra me faire un seul instant abandonner mon poste, tant que je pourrai croire que ma présence peut y être le moins du monde utile au service du roi.

« En voilà bien long sur la Grèce ; mais j’ai cru devoir vous faire connaître toute mon opinion sur l’importance réelle des conférences proposées sur cette grande question.

« Je dois vous confier, M. le vicomte, et sous le secret, un fait dont vous pourrez mieux que moi connaître l’exactitude, mais qui, s’il était vrai, pourrait influer d’une manière très fâcheuse sur la situation