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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

vions pas y prendre le même intérêt, ni adopter exactement les mêmes mesures que ceux qu’elle regarde personnellement ; que, malgré tout notre empressement à nous prêter toujours à ce qui peut être agréable à l’empereur, le retour de notre ministre à Stuttgard devait nécessairement rester subordonné à ce que pouvaient exiger de nous nos intérêts directs. Voilà où en est l’affaire. Si vous pouvez prolonger de deux mois le congé de M. de Caraman, ce sera pour le mieux ; dans le cas contraire, je prends sur moi de faire trouver bonnes les raisons qui vous auront mis dans l’obligation de le renvoyer plus tôt à son poste.

« Je commence à croire que je suivrai votre conseil et que je ne profiterai point de la frégate : j’irai alors faire une cure à Carlsbad. Je serai à Paris dans les premiers jours d’août, et de retour à mon poste dans le mois de septembre. Mon projet, si rien ne s’y oppose, est de partir au plus tard d’aujourd’hui en un mois.

« Adieu, monsieur le vicomte : je suis heureux de l’idée que je pourrai passer quelques instants avec vous ; j’aurai, malgré la longueur de mes lettres, bien des choses encore à vous dire, et j’ai la prétention de croire que mon voyage à Paris peut avoir de très heureux résultats pour le service du roi et de nos intérêts. Dans tous les cas, je serai heureux de vous renouveler de vive voix l’assurance d’un attachement depuis longtemps fondé sur la plus profonde estime, et que la confiance et la reconnaissance ont achevé de rendre indestructible.

« La Ferronnays. »