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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

« P. S. L’ambassadeur d’Angleterre sort à l’instant de chez moi ; il vient de recevoir son courrier. Il est chargé de répéter au comte de Nesselrode à peu près tout ce que M. de Leiden a déjà mandé de l’opinion de M. Canning sur le mémoire russe. Sir Charles Bagot est autorisé à prendre part aux conférences, si toutefois il n’est pas jugé prudent d’en retarder l’ouverture jusqu’à l’époque du retour de l’ambassadeur de Russie à Constantinople. On annonce à sir Charles l’envoi très prochain d’instructions pour discuter les différentes parties du mémoire ; mais dans aucun cas il n’est autorisé à rien conclure, et doit tout prendre ad referendum. L’opinion de M. Canning est que la connaissance de ces conférences devant nécessairement produire une grande sensation et beaucoup d’irritation à Constantinople, il était à désirer qu’elles fussent ajournées ; il ajoute, dans la dépêche que l’ambassadeur doit communiquer au comte de Nesselrode, que cette opinion est entièrement partagée par le cabinet français et cite à cette occasion une conversation que vous devez avoir eue avec sir Charles Stuart[1] le 15 avril, c’est-à-dire deux jours avant l’expédition de Maconet. Comme vous ne me parlez pas de cette conversation et que vous me renouvelez au contraire l’ordre d’assister aux conférences, si elles ont lieu, et d’accéder à tout ce qui sera proposé sur les bases indiquées dans le mémoire, je dois croire qu’il y a dans la dépêche de M. Canning ou de sir Charles Stuart une erreur (volontaire peut-être).

  1. Ambassadeur d’Angleterre à Paris. — Sur sir Charles Stuart, voir au tome V des Mémoires la note 2 de la page 354 (note 21 du Livre XV de la Troisième Partie).