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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

VII

les dernières années de chateaubriand[1].

Le 16 novembre 1841, au lever du jour, Chateaubriand traçait les dernières lignes des Mémoires d’Outre-Tombe :

Il ne me reste plus, écrivait-il, qu’à m’asseoir au bord de ma fosse ; après quoi je descendrai hardiment, le crucifix à la main, dans rélernité.

Il venait d’entrer dans sa soixante-quatorzième année et il lui restait encore sept ans à vivre.

Au lendemain de la révolution de Juillet, en avril 1831, il avait dit dans l’Avant-Propos de ses Études Historiques :

J’ai commencé ma carrière littéraire par un ouvrage où j’envisageais le Christianisme sous les rapports poétiques et moraux ; je la finis par un ouvrage où je considère la même religion sous ses rapports philosophiques et historiques. J’ai commencé ma carrière politique avec la Restauration ; je la finis avec la Restauration. Ce n’est pas sans une secrète satisfaction que je me trouve ainsi conséquent avec moi-même. Les grandes lignes de mon existence n’ont point fléchi : si, comme tous les hommes, je n’ai pas été semblable à moi-même, dans des détails, qu’on le pardonne à la fragilité humaine.

Ses dernières années vont nous le montrer conséquent avec lui-même jusqu’à la fin.

Dans les premiers jours d’octobre 1843, il reçut du comte de Chambord une lettre, datée de Magdebourg, le 30 septembre, et qui se terminait ainsi :

…Je serai à Londres dans la première quinzaine de novembre, et je désire bien vivement qu’il vous soit possible de venir m’y rejoindre ; votre présence auprès de moi me sera très utile

  1. Ci-dessus, page 480