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CHAP. V. — J. DE CATURCE ET J. DE BOYSSONNE.

sultés. Un volume des lettres en latin écrites et reçues par Boyssone, commençant vers 1532 et se continuant pendant plus de vingt années, renferme une partie de sa correspondance avec Dolet, Pierre Duchâtel, Alciat, Rabelais, Guillaume Bigot, Guillaume Scève, Arnoul du Ferrier, et beaucoup d’autres lettrés plus ou moins distingués. Un volume de poèmes latins divisés en cinq livres, vers hendécasyllabiques, vers élégiaques, épîtres, ïambes, odes, la plupart pleins de détails biographiques, et un volume de poèmes français contenant deux cent cinquante-quatre dixàins, offrent un intérêt réel pour l’histoire littéraire du temps, quelle que soit l’opinion que nous nous fassions des mérites poétiques de l’œuvre[1].

  1. Le volume de lettres est un petit in-folio contenant deux cent quatre-vingt-deux pages (on en a compté par erreur : deux cent quatre-vingt-douze) ou CXXXIX feuilles la pagination saute de 169 à 180). La première moitié du manuscrit est d’une excellente écriture courante du seizième siècle. Le reste est d’une écriture différente, beaucoup moins lisible, quoique vers la fin l’écriture s’améliore un peu. Un nombre considérable de lettres de la dernière partie semblent avoir été copiées à la hâte et sont toujours difficiles à déchiffrer. Le livre est intitulé : Joannis de Boyssone antecessoris Tolosani et aliorum epistolæ mutuæ.

    Les poèmes latins forment un petit cahier in-4°, écrit de la même écriture que la première partie du volume des épitres. Ils sont divisés en cinq livres : le premier comprend les vers hendécasyllabiques ; le second, les vers élégiaques ; le troisième, les épîtres ; le quatrième, les ïambes et le dernier, les odes. Dans ce volume on a copié plus tard les odes de Dolet adressées à Boyssone et à Guillaume Scève, et une ode contre Dampmartin ainsi que quatre odes de Voulté et un poème qui paraît être d’Augier Ferrier.

    Les poèmes français sont écrits avec grand soin sur parchemin. Ils sont divisés en trois centuries ou livres, qui chacun devaient contenir cent dixains, chaque dixain remplissant une page. La première est intitulée : La première centurie des dixains de Maistre Jehan de Boyssone, Docteur Regent à Tholose. Chaque dixain devait avoir une lettre initiale ornée et un titre en rouge ; mais on s’arrêta au dix-septième dixain de la première centurie. Le reste de la centurie n’a ni titre, ni lettre initiale, dans la seconde les titres s’arrêtent au soixante-septième dixain et dans la troisième au septième ; de plus le troisième livre ne contient que cinquante-quatre dixains, bien que les quarante-six feuilles réglées qui suivent montrent qu’il devait être complété.

    J’ai tout lieu de supposer que ces volumes furent prépares sais la surveillance de Boyssone lui-même qui avait l’intention de les publier. Aux poèmes latins sont ajoutés des corrections, des notes marginales, des mots nouveaux proposés, écrits d’une écriture différente, mais contemporaine, qui probablement est celle de Boyssone lui-même. Les notes font voir qu’elles sont rédigées par l’auteur