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Page:Claretie - Victor Hugo, 1882.pdf/37

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Hauteville-House, où ces feuillets immortels ont reposé si longtemps, est le Ferney de Victor Hugo, et le poète des Quatre vents de l’esprit, qui a présidé au centenaire de Voltaire, aura eu justement, au siècle où nous sommes, la même gloire, la même destinée que l’auteur de Candide au xviiie siècle. Vivant, on lui aura élevé une statue. Il aura eu, sans y succomber, son couronnement comme Voltaire à la représentation d’Irène. Sa gloire, c’est la gloire de Voltaire multipliée par toutes les forces réelles du xixe siècle.

Lui-même ne nous disait-il pas un soir :

— Je suis né à temps pour ma gloire, je suis à cheval sur deux siècles.

— Quand j’étais pair de France, ajoutait-il, et que je siégeais à gauche, avec Montalembert, Wagram, Eckmühl, Boissy et d’Alton-Shée, j’avais à ma droite un soldat qui était maréchal de France deux ans après ma naissance et qui, lorsque j’arrivais au Luxembourg, me disait : Jeune homme, vous êtes en retard ! C’était Soult, maréchal en 1804. À ma gauche, chose plus extraordinaire, j’avais un homme qui avait jugé Louis XVI, neuf ans avant ma naissance (c’était Pontécoulant), et en face de